Le Ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle expose au Conseil de cabinet du 28 juin 2012

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Zacharie Pérevet, Ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle en pleine allocution

"Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Son Excellence Philemon YANG, a présidé ce jeudi 28 juin 2012 à partir de 11h dans l'immeuble principal abritant ses Services, un important Conseil de Cabinet.
Y prenaient part les Ministres, les Ministres Délégués ainsi que les Secrétaires d'Etat.
Trois points étaient inscrits à l'ordre du jour des travaux ; à savoir :

1-le compte rendu, fait par le Ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, de l'exécution des directives du Conseil de cabinet du 6 mai 2010 relatives à la mise en œuvre de la stratégie haute intensité de main d'œuvre (HIMO) ;

2-le compte rendu de l'exécution du « Projet de lutte contre le phénomène des Enfants de la Rue (EDR) », présenté par le Ministre des Affaires Sociales ;

3- l'exposé du Ministre des Transports portant sur : « l'évaluation de la mise en œuvre du décret n°2008/344/PM du 31 décembre 2008 qui fixe et aménage les conditions et les modalités d'exploitation des motocycles à titre onéreux dans les zones péri urbaines et rurales » ;

Dans sa déclaration liminaire, qui a précédé les exposés, le Premier Ministre a donné à l'ensemble des chefs de départements ministériels des directives opérationnelles visant la préparation efficace de l'évaluation intermédiaire des feuilles de route, prévue en août 2012.

La parole a été ensuite donnée au Ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle pour son compte rendu. Il a d'abord rappelé que l'intégration des approches haute intensité de main d'œuvre (HIMO) dans le cadre des programmes d'infrastructures est un catalyseur de la création d'emplois dans la plupart des pays en développement ayant une offre excédentaire de main d'œuvre sous employée.

S'agissant des actions menées, le Ministre chargé de l'emploi a souligné que l'architecture nationale de promotion de la stratégie haute intensité de main d'œuvre (HIMO) s'est enrichie d'un schéma opérationnel d'intégration desdites approches dans les grands chantiers de l'Etat, assorti d'un plan d'actions 2011-2013.

Ce schéma est articulé autour de quatre axes : (axe 1) l'intégration de l'approche HIMO dans les programmes et projets d'investissement en cours d'exécution ou en cours de préparation ; (axe 2) l'élaboration de nouveaux programmes d'investissement propices aux techniques HIMO et la recherche de leur financement ; (axe 3) la planification, la formation et la gestion des recrutements dans les chantiers HIMO ; (axe 4) l'institutionnalisation d'un dispositif légal intégrant les normes du travail décent dans les approches HIMO.

Le Ministre chargé de l'emploi a en outre fait savoir que le plan de vulgarisation des approches haute intensité de main d'œuvre auprès des collectivités locales allait bientôt être mis en exécution.

Au terme de cette présentation, le Chef du Gouvernement a demandé au Ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, en liaison avec le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, d'élaborer le cadre juridique intégrant les normes du travail décent dans les approches HIMO.

Il a en outre prescrit au Ministre chargé de l'économie de mettre tout en œuvre pour atteindre l'objectif d'intégration de l'approche HIMO à hauteur de 20% dans les programmes d'investissement publics conformément à la Déclaration gouvernementale y relative adoptée en 2008.

Les travaux se sont poursuivis avec le rapport du Ministre des Affaires Sociales au sujet de l'exécution du Projet de lutte contre le phénomène des Enfants de la Rue (EDR). Elle a rappelé qu'il s'agissait d'une situation d'exclusion sociale visible à travers le monde qui a fait son apparition au Cameroun il y a une quarantaine d'années et s'est amplifiée depuis deux décennies.

Le vocable enfants de la rue recoupe au moins trois réalités : l'enfant travaillant dans la rue et vivant dans une famille, l'enfant vivant permanemment dans la rue et les jeunes et adultes de la rue, âgés de plus de 18 ans. Les causes principales de l'installation des enfants dans la rue sont les conflits avec les parents, la recherche du bien être et la recherche de l'aventure.

Les enfants de la rue sont exposés à différents actes répréhensibles comme le vol, le braquage, le banditisme, le viol ou la toxicomanie. Toutes choses qui affectent et endeuillent parfois de nombreuses familles et placent ces enfants sous la menace de la répression judiciaire.

Pour y faire face, le Gouvernement s'est armé d'un dispositif de prévention comprenant un important arsenal juridique composé de textes nationaux et d'instruments internationaux. Au plan institutionnel, il existe huit centres d'encadrement et de redressement de la personnalité de l'enfant qui assurent une prise en charge psychosociale des enfants de moins de 18 ans en danger moral ou en conflit avec la loi.

Parallèlement à la prévention, le Ministère des Affaires Sociales exécute depuis 2008 un Projet de lutte contre le phénomène des Enfants de la Rue (EDR) doté d'une enveloppe d'environ un milliard de F CFA, dont 679 millions consacrés à la réhabilitation des infrastructures.

A date, dans le domaine de la prise en charge psychosociale : 1048 enfants de la rue ont été identifiés, soit 549 à Yaoundé et 499 à Douala ; 331 ont été remis à leurs familles, soit 73 par les centres sociaux de Yaoundé et 258 par ceux de Douala ; 170 des 331 rentrés en familles ont été reconvertis dans le système scolaire classique, du cours d'initiation à la terminale.

Le Ministre des Affaires Sociales a souligné que le projet fait face à de nombreuses difficultés au chapitre desquelles le manque de ressources humaines qui induit une sous-utilisation des centres d'accueil, l'insuffisance des ressources financières et l'insécurité qui entoure les opérations d'identification nocturne des enfants de la rue.

Traçant les perspectives, elle a souligné qu'après la phase de consolidation, le projet de lutte contre les enfants de la rue sera transféré aux communes à l'horizon 2015.

Au terme des échanges qui ont suivi cette présentation et après avoir pris acte des premiers effets positifs du projet de lutte contre le phénomène des enfants de la rue, le Chef du Gouvernement a demandé au Ministre des Affaires Sociales de consolider et pérenniser les résultats obtenus dans les villes de Douala et Yaoundé, tout en préparant l'extension du projet aux autres localités concernées par ce fléau.

Le Conseil a par la suite écouté l'exposé du Ministre des Transports relatif au transport par motocycle à titre onéreux dont l'émergence dans les deux principales métropoles est consécutive à la disparition de la Société des Transports Urbains du Cameroun (SOTUC), combinée à la croissance démographique. D'où l'explosion du parc de motocycles qui comprend aujourd'hui plus de 162.634 engins immatriculés.

Le Ministre a fait savoir qu'après deux premières tentatives de réglementation de cette activité en 1994 et 1995, le décret du 31 décembre 2008 devait favoriser un assainissement définitif et durable de ce secteur.

En plus des exigences administratives et techniques pour l'exploitation commerciale des motocycles déjà en vigueur, notamment l'obtention d'une licence de transport, l'immatriculation des motos, la peinture de celles-ci en couleur jaune, leur équipement d'une paire de casques, ainsi que la détention, par le conducteur, d'un permis de conduire de catégorie A motos, la nouvelle réglementation a renforcé l'implication des collectivités décentralisées. Il incombe à ces dernières la délimitation des zones de circulation, l'aménagement des points de ramassage, l'identification des opérateurs de ce secteur et leur encadrement.

Le Ministre des Transports a fait le constat d'une faible mise en application des dispositions du décret du 31 décembre 2008. Il s'en suit que seuls 3.132 licences et 52.289 permis de conduire de catégorie A motos ont été délivrés. Avec le parc le plus important, quelque 100 000 mototaxis, la Région du Littoral atteint difficilement 36% d'immatriculation.

En ce qui concerne les zones de circulation de motos taxis, seules les communautés urbaines de Yaoundé et de Douala ont pris des textes délimitant lesdits espaces dans leur territoire respectif de compétence. Par contre, les communes des Régions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord ont une bonne tradition d'enregistrement et d'identification des conducteurs de motos, qui se voient attribuer des chasubles numérotées.

Le Ministre a déploré que les importants efforts de sensibilisation déployés par les pouvoirs publics soient restés presque lettre morte dans ce secteur qui continue d'être gangrené par l'incivisme et de nombreux comportements à risque, voire délictueux. Aussi a-t-il préconisé le développement de moyens de transport de masse parallèlement à un contrôle en amont plus accru de l'activité de mototaxis.

Après les échanges qui ont suivi cet exposé, le Premier Ministre a demandé au Ministre des Transports de parachever l'élaboration, et faire tenir à ses Services dans les meilleurs délais, les textes d'application du décret n°2008/344/PM du 31 décembre 2008 qui fixe et aménage les conditions et les modalités d'exploitation des motocycles à titre onéreux dans les zones péri urbaines et rurales.

Le Conseil s'est achevé à 12H40, après l'examen de questions diverses ayant trait à l'activité gouvernementale./-"

Yaoundé, le 28 juin 2012

Le Secrétaire Général
des Services du Premier Ministre,

Louis Paul MOTAZE

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